PARTENARIATS FERAROCK

wellbird_uneWELBIRD – Menu

 

Les experts s’accordent à dire que certains oiseaux savent parfaitement dissimuler leurs maux et que seul un oeil avisé saurait alors déceler chez eux les symptômes de maladie. A l’évidence, Welbird fait partie de ceux-là. Faux super-groupe réunissant Sammy Decoster, Jim Paillard (Erevan Tusk) & Nicolas Puaux (Narrow Terence) sous la houlette d’Alex Viudès – opérant lui-même dans chacun des trois projets précités – Welbird est avant tout une affaire d’instinct. Misant sur la bonne entente musicale et humaine pressentie de ce beau monde, ce dernier les réunit avec l’envie fougueuse d’enregistrer une bonne poignée de chansons reflétant ces quatre personnalités. Un projet « simple et rapide, à l’image de ces groupes que l’on montait en une nuit à l’adolescence ». Après quelques résidences créatives, et soucieux de conserver l’équilibre des premières rencontres, portées par la spontanéïté et leur évident partage d’influences, nos quatre oiseaux se retirent cinq jours dans un studio normand et enregistrent en live les huit titres qui composent leur premier opus “Menu”, à paraître en galette 33T le 28 avril 2017 sur le label Sounds Like Yeah !

L’énergie des répétitions est conservée, les défauts du live également. Le mixage, réalisé au Studio Durango, sous l’égide de Romain Clisson, suit de près l’enregistrement. Un geste précipité, une méthode sans concession, comme purent se faire à l’époque de nombreux albums des 90’s. Ce savant mélange d’influences rock donnant naissance à une indie pop hybride aussi élégante qu’insoumise, ce maniement dosé de références au passé et de propositions neuves, permettent à Welbird d’insuffler son poison et de livrer ses aspérités. Des airs que l’on siffle, certes, portés par un remarquable jeu autour des voix, à la fois sinueuses et généreuses, qui s’entrelacent et se démêlent pour finalement laisser le souvenir d’un chanteur hybride à quatre têtes. Mais qui tôt ou tard finissent par imprégner l’âme d’un sentiment tortueux. Welbird fragmente son propos de contradictions simples (langue française contre langue anglaise, arrangements déviants contre grilles harmoniques familières…) et livre au final un monde musical heurté derrière un costume saisissant. Et c’est là leur tour de force – à l’image de l’oiseau resplendissant qui sait taire ses douleurs sous un plumage bariolé.

 


 

 

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 ORVAL CARLOS SIBELIUS – Ordre et Progrès

 

Enregistrer la musique la plus lumineuse et conquérante qui soit pour conjurer une mélancolie sans fond. Ça pourrait être une définition de la pop, celle de l’âge d’or, quand The Beach Boys ou The Left Banke s’autorisaient tous les excès orchestraux pour sublimer la force vitale de l’adolescence, tandis que Pink Floyd et The Soft Machine enfonçaient les portes de la perception. Celle vers laquelle revient sans cesse Orval Carlos Sibelius, presque malgré lui. « Je cherche à prendre la tangente mais je me retrouve toujours
sur le même chemin », avoue-t-il. « Dès que je lutte contre moi-même, ça ne donne rien de bon. » Dans un monde joyeusement amnésique, où l’injonction à la nouveauté éteint lentement les symboles, c’est à la constance qu’on repère les artistes. Aux obsessions qu’on reconnaît les auteurs. Quand on porte en soi un héritage de mélodies luxuriantes et de vertiges psychédéliques, pourquoi chercher d’autres moyens de se sentir vivant ? Tous les passés sont fertiles, pourvu qu’on les cultive avec un coeur d’aujourd’hui. On peut croire Orval Carlos Sibelius quand il dit que sa musique serait la même si personne n’avait l’idée de l’écouter. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait pendant longtemps, d’abord sous l’alias Snark puis sous celui qu’on lui connaît depuis 2006, l’année où il a décidé de se mettre à chanter. Et il aurait continué ainsi jusqu’à son dernier souffle si son album Super Forma n’avait rencontré en 2013 un certain succès.
Alignement des planètes ou aboutissement formel d’un fantasme personnel ? La première raison aurait suffi à « faire sensation ». La seconde à filer des suées à la concurrence. Mais c’est bien l’alliance des deux qui est la marque des oeuvres importantes. Celles qui ne vieillissent pas, ou si peu, et qui, contre tout factice paradoxe, parlent le mieux à leur époque. Trois ans après ce coup d’éclat, Orval Carlos Sibelius risquait avec le LP Ascension une incartade instrumentale à la grammaire épurée, taillée pour dialoguer avec les images d’un documentaire presque introuvable, « Les Rendez-vous du Diable » de Haroun Tazieff. Une tangente vers la glace et le feu, loin des exaltations baroques, mais essentielle pour qui avance à grandes enjambées sur le fil de la pop éternelle. QuandOrval Carlos Sibelius chasse le naturel, on peut être sûr qu’il va revenir au galop. En l’occurrence, c’est une véritable chevauchée des Valkyries qu’on découvre sous ce titre aussi héroïque qu’ironique : Ordre et Progrès. Quelque chose comme une superproduction intimiste, un péplum existentiel. Son album
le plus décomplexé et aussi le plus musclé, comme si Led Zeppelin et Shellac venaient en renfort pour décupler la flamboyance des mélodies, et contrebalancer de plus belle une « désintégration proche et inévitable ». Pour parvenir à ses fins, Orval Carlos Sibelius a choisi ses musiciens « comme le braqueur organise son coup ». La batterie, l’un de ses instruments fétiches, est laissée aux bons soins de Basile Ferriot (One Lick
Less), passé par le post-rock et le metal hardcore. La basse arrive entre les mains de l’hyperactif Vincent Mougel (Kidsaredead). Le chevronné Philippe Thiphaine (Heliogabale) fait valoir sa science des riffs de guitare acérés. Et pour mettre de l’ordre dans ce mille-feuille sonore – jusqu’à 140 pistes par morceaux, « plus que ce que Protools pouvait emmagasiner » – Stéphane Laporte (Domotic, Egyptology) partage son oreille éclairée. Pourtant, le patron ne leur a pas lâché la bride : chaque rebondissement, chaque excès, chaque éclat est né dans sa tête et porte le sceau de sa vie intérieure. C’est ainsi que, pour la première fois, il s’autorise à chanter en français, sans pour autant renoncer à cette qualité de la pop qu’il aime, qui n’a pas besoin de littéralité pour être comprise par les tripes. Du singulier au collectif, la translation s’opère par le son des mots et le choc des harmonies, laissant chacun maître de son interprétation. Maintenant que cette oeuvre baroque est fixée dans la cire, Orval Carlos Sibelius peut repartir vers de nouvelles aventures intérieures, qui décanteront avant de nous être communiquées. Après la tempête du studio, le calme de la chambre où sa musique se régénère. « Ce que je préfère dans la vie, c’est rêvasser sur le morceau que je suis en train de faire, tant qu’il n’est pas encore fixé. Un peu comme un amour naissant, quand tout est encore possible. » En attendant la suite de cette romance pop perpétuelle,
laissons-nous faucher par la maestria épique d’Ordre et Progrès.

 


 

bb_une-2BISON BISOU – Bodysick

 

Un an et demi après leur Ep « Regine » qui les a vu sillonner les routes de France, mais aussi de Belgique et des Pays-Bas, Bison Bisou sort Bodysick, un premier album fulgurant comme une rocket d’amour suintante. Dégageant sur scène toute la puissance d’un mentos dans une bouteille de gini renversée par un enfant saoul de six ans, l’animal électrique élevé au grand air des centrales nucléaires et au vacarme des aciéries post-textiles catalyse avec cet album toutes les perturbations d’un ciel orageux, que l’on contemplerait les pieds dans l’eau, une ampoule à la main. Aussi à l’aise en concert que dans la meilleure boite de nuit de ta ville, Bison Bisou te permet au choix de te désaxer la tête en rythme ou bien de lancer une queuleuleu le doigt bien en l’air, comme s’il fallait mourir demain.

 

 

Les 3 albums en partenariats avec la Ferarock est à remporter lors des quotidiennes de Radio Activ’

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